Studio AZA - Labo Photo Pro

Expos Photo - Geneviève Gleize



© Geneviève Gleize
© Geneviève Gleize
Deux expositions à Tanger :

L’ELEPHANT BLANC
boughaz casbah
31 rue du détroit
Tanger

Vernissage le 23 septembre 2016 à partir de 18h30
Visite de l’exposition le 24 septembre 2016  de 16h à 20h

Et

GALERIE CONIL
Petit socco
Tanger
tél : +212 (0)5 39 37 20 54
contact@galerieconil.com

Du 1er octobre au 1er novembre 2016
Vernissage le 1er octobre 2016 à partir de 18h30
 

© Geneviève Gleize
© Geneviève Gleize
LES FANTÔMES DE TANGER

 En 1976 ou 77, voilà quarante ans, il m'est arrivé d'accompagner dans le Teatro Cervantès de Tanger une compagnie théâtrale alors installée en Languedoc-Roussillon et portant le joli nom de Tréteaux du Midi. J'en étais l'administrateur et, si piètre comédien que je fusse, je tenais le rôle de Nérine dans une mise en scène d'un comique accompli des Fourberies de Scapin signée Jacques Échantillon. Nous étions missionnés par notre ministère des Affaires Étrangères pour une tournée au Maroc qui nous conduisit de Rabat à Meknès, de Fès à Casablanca, d'Oujda à Tanger. Souvenir d'autant plus merveilleux que nous étions jeunes, ardents, pas sérieux, et que nous sommes tombés amoureux d'un pays où nous avons travaillé près de deux mois, car il fallait monter et démonter le décor, voyager d'une ville à l'autre, participer à des rencontres...
C'était l'époque où une certaine Association Française d'Action Artistique était chargée du développement des amitiés entre les peuples à travers (entre autres) le théâtre. Ce n'est plus si fréquent aujourd'hui mais je n'évoque pas ce souvenir personnel pour m'apitoyer sur des temps révolus, ni meilleurs ni pires que les nôtres... Il se trouve que l'album photos de Geneviève Gleize sur le théâtre de Tanger a fait remonter en moi un souvenir refoulé depuis des décennies en raison du nombre d'absences qu'il porte douloureusement en lui. Le plus grand talent de Jacques Échantillon (exceptionnel Géronte acrobate et risque tout) était sans doute d'avoir réuni une compagnie poétique, comme on l'a dit de celle de Jean Vilar, d'Avignon et du TNP, mais une compagnie d'hommes et de femmes que le temps a décimée...
La vie sépare ceux qui s'aiment, dit la chanson, et nous éparpille à tous vents, quand soudain ils reviennent, ils reviennent dans leur présence magnifique, drôle, amicale, tendre, furtive, à travers des photos incroyables de suggestion, de rêverie, de mouvement immobile. Geneviève Gleize ne fait pas parler ses ombres, elle les écoute et chacun, comme je l'ai expérimenté moi-même, s'il se laisse glisser dans les interstices du flou ou du "piqué", laisse passage à ces moments de vie sur lesquels on a choisi de poser un mouchoir. D'après Paul Valéry, qu'il faut toujours citer quand on veut paraître sérieux, "la mort nous parle d'une voix profonde pour ne rien dire", et vraiment ces photos ne disent rien qu'elles ne voient ou croient voir... Mais ces fauteuils qui nous tendent leurs bras, ces irisations indéfinies, ce promenoir vide où l'on imagine un peuple fellinien, ces lambeaux de toiles peintes, cet escalier dérobé montant vers quel ciel ?, ce balcon de masques dignes d'un Macbeth infernal, ce couple enfin, découpé sur fond de néant, qui semble les Parques filant nos destins, tordues dans le tourment de leur propre obligation, ne sont-ils pas l'expression de la tragédie du fugitif, de l'insaisissable, de l'irréalité à travers la réalité elle-même ?
Une autre phrase d'un autre grand poète me revient comme à chaque fois que je m'émeus d'un surgissement d'émotion, elle est de Chateaubriand : "Rompre avec les choses de ce monde, ce n'est rien, mais avec les souvenirs... Le cœur se brise à cet adieu tant il est peu de choses réelles dans l'homme". Geneviève Gleize nous offre ce trouble. Grâce à elle, nous accédons à une réalité augmentée.


Jacques Tephany  // Août 2016

 

Démarche artistique
Photographier, pour l'essentiel, c'est capter le présent, le figer, pour le restituer ensuite tel quel. Les événements, les gens, les lieux s'impriment sur les clichés, inanimés mais fidèles au temps T où ils ont été saisis.
En explorant les univers abandonnés, j'essaie d'aller plus loin en repoussant le curseur du temps en amont de l'instant capturé. Comme le peintre du film de Marcel Carné, Quai des brumes qui disait : « je peins les choses cachées derrière les choses... », je photographie les vies disparues derrière les traces, la poussière, les ombres éphémères. L'absence est mon sujet.
J'observe et, sans mise en scène, je photographie les lieux désaffectés. Le cliché devient alors un révélateur des vies, des activités évanouies dans la marche du temps. Les détails ainsi saisis ne sont plus des réalités ordinaires mais deviennent des éclats du passé, le murmure des voix qui se sont tues ; dans cet espace fragile non délimité, l’imaginaire de chacun peut y trouver ses propres références.








INFORMATIONS

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STUDIO AZA
34 bd de la Libération
13001 Marseille

04 91 37 70 80

 du mardi au vendredi
 de 9h à 12h30 et de 14h à 18h 

le lundi sur RDV uniquement

fermé jusqu'au 16 août
 



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