Studio AZA - Labo Photo Pro

PhotoMed 2017



© Franck Deglise
© Franck Deglise
Du 17 mai 2017 au 13 août 2017

Vernissage le 17 mai à 15h30

Villa Méditerranée
Marseille

Photographes présentés :
Hervé Guibert - Franck Deglise - Maude Grübel - Sirine Fattouth - Mikael Soyez - Alain Gualina - Sebla Selin Ok

© Alain Gualina
© Alain Gualina
Pour sa 7e édition, Photomed prend une nouvelle dimension : Outre Sanary-sur-Mer, berceau du Festival, l’Île de Bendor et l’Hôtel des Arts de Toulon, le Festival s’étend à Marseille dans des lieux culturels exceptionnels que sont la Friche la Belle de Mai, le Mucem, la Villa Méditerranée et le FRAC et à Toulon, au Liberté, scène nationale dirigée par Charles Berling. Photomed, devenu le premier festival de photographie du Proche-Orient car installé depuis 4 ans à Beyrouth, est ainsi ancré aux deux extrémités de l’espace Méditerranéen.

Le festival s’étend également dans le temps puisque démarrant le 17 mai et avec un autre temps fort le 5 juillet à Marseille, il se clôturera le 13 août, offrant ainsi aux visiteurs un long espace-temps pour découvrir les expositions.

Si la programmation de Marseille est résolument centrée sur la ville Méditerranéenne dont Marseille est emblématique, celle de Sanary-sur-Mer, de l’Île de Bendor et de Toulon traite pour sa part des rapports de l’Homme à son environnement et à la cellule familiale.

Franck DÉGLISE Sur la route d’Alger
Le rapport de Franck Déglise avec l’Algérie est éminemment personnel : originaire de ce pays, son père a dû y retourner alors que lui-même était enfant et restait en France. Sa découverte de la terre et de la lumière algériennes s’inscrit donc dans une quête des origines dont l’intensité l’empêche de tomber dans le pittoresque. Ce n’est pas chez Franck Déglise, en effet, qu’il faut espérer trouver « Alger la blanche » sous un ciel d’azur. Le recours fréquent au noir et blanc renforce l’impression de ciel bas donnée par certaines photos. Plus encore, les no man’s lands péri-urbains, les paysages de fabriques et de voies ferrées brouillent les pistes : où est-on vraiment ? De quel côté de la Méditerranée ? Alger pourrait tout aussi bien être Marseille, la cité d’élection. La géographie se fait instable, comme la ville ellemême. Le photographe saisit des bâtiments dont on ne sait exactement s’ils sont abandonnés, à demi détruits ou encore en chantier. Une urbanité fuyante s’accorde à des identités en recherche.

Sirine FATTOUH - Images du dessaisissement
Au premier abord, les déambulations photographiques de Sirine Fattouh à travers Beyrouth, récompensées par le Prix Photomed-Institut français du Liban 2017*, pourraient sembler relever de l’« Urbex » : on pousse une porte disjointe, on se fraie un chemin à travers des gravats, on découvre une maison presque intacte, protégée par des persiennes closes depuis des années… Ce n’est toutefois nullement une ville « belle au bois dormant » que l’artiste entend faire connaître. Sa métropole est au contraire agitée d’un mouvement permanent, incohérent, de destruction et de reconstruction. Les engins de chantier qu’elle montre au travail, déblayant un terrain ou creusant des fondations, ont l’allure inquiétante d’insectes affamés dévorant la ville. Beyrouth, sous l’objectif de Sirine Fattouh, est ainsi une capitale des contrastes. Vue de loin, elle présente une skyline presque canonique, interrompue seulement par une grue à l’horizon. Lorsqu’on se rapproche, rue par rue, parcelle par parcelle, c’est en revanche l’impression de chaos qui domine. La photographe met en évidence l’absence de tout plan directeur, qui suscite les rapprochements les plus absurdes. Tout contre des éléments d’architecture vernaculaire sauvés de la guerre, avec leur élévation plus raisonnable, leurs couleurs plus chaudes, s’élèvent des tours aussi glacées que le béton dont elles sont faites. Une orthogonalité brutale part à l’assaut d’un ciel pourtant hospitalier, encore renforcée par les prétentions à l’originalité des architectes, qui durcissent les lignes au lieu de les alléger. L’imprévisible n’est réintroduit que par le végétal, dont les clichés de Fattouh mettent en valeur l’envahissante énergie, jusque dans les recoins les plus inattendus.
Face à l’échec de ses compatriotes à relever une ville à taille humaine, l’artiste laisse en somme entendre que la seule alternative à une fuite en avant sur le modèle américain ou monégasque relève de l’anté-humain : l’arbre, rival ironique de la tour, ou, au fond d’une petite crique, telle grotte presque matricielle trouant le socle géologique et laissant pénétrer en sous-oeuvre l’énergie révolutionnaire du rêve.

Maude GRÜBEL Jardin d’essai
Le titre Jardin d’essai a été donné par Maude Grübel en référence au jardin d’acclimatation d’Alger, créé en 1832 dans le quartier de Hamma. Quelques-unes des photographies qui composent sa série y ont été prises. Mais il s’agissait aussi pour la jeune photographe marseillaise de souligner ce qu’il y a d’expérimental dans son travail. Ce dernier ne s’inscrit en effet dans aucune tendance particulière de la photographie contemporaine. Tout au plus peut-on y voir une tentative de
renouvellement du genre du documentaire. Renouvellement parce que Maude Grübel refuse toute spectacularisation et tout discours au profit du retrait et de l’impressionnisme. Pour autant, le regard qu’elle porte sur la ville d’Alger n’est pas neutre : des rues vides, des montagnes russes abandonnées, une cariatide décrépite, de rares personnages photographiés de dos, tout cela donne à la série un caractère nostalgique. Le temps semble ici s’écouler plus lentement. De jeunes gens ont pris celui de graver leur nom à même les feuilles triangulaires d’un yucca : « Selma et
Amir », « Hania », etc. Tandis que l’on déchiffre les caractères, on ne peut ’empêcher de penser à la jeunesse algéroise décrite par Kamel Daoud comme une jeunesse qui s’ennuie. Sans doute l’attention que Maude Grübel prête aux textures et aux failles du dehors n’est-elle qu’une manière délicate de suggérer la trame et les fêlures des âmes.

Alain GUALINA Dopo Eboli 
Eboli est cette petite ville du Mezzogiorno dont Carlo Levi, qui avait été exilé dans la région par le fascisme, devait faire en un roman fameux le symbole de la grandeur et de la misère du Sud profond. Alain Gualina, qu’a toujours fasciné le rapport entre les sociétés et leur milieu, ne pouvait pas ignorer ces terres rudes « d’après Eboli ». Il en rend ce qui est le plus saisissant pour le voyageur : la blancheur intense, aveuglante, qui jaillit des maisons basses à escaliers extérieurs et de leurs murs chaulés. Mais cette blancheur est comme un rideau de théâtre, elle est animée, singulièrement
par tout un petit monde enfantin, farceurs isolés ou ludions en bandes qui n’hésitent pas, eux, à affronter le chaud du jour. Plus sages, les mères et surtout les grand-mères se tiennent sur les seuils ou dans l’embrasure des portes. Les tenues sombres des vieilles femmes participent aux jeux d’ombres puissamment contrastés qui redessinent les bourgs, rencontrant à l’occasion des traces monumentales d’une splendeur passée, toujours un peu décaties et herbues.

Hervé GUIBERT La ville comme fiction
Hervé Guibert aurait pu construire en images, parallèlement à ses romans, des fictions semblables à celles de Duane Michals, dont il aimait les séries. Mais pas plus qu’il ne chercha loin de lui la ligne de ses livres il ne voulut photographier d’autres lieux que ceux où il vivait, d’autres modèles que les femmes et les garçons que l’amitié ou les amours installaient dans son intimité. Cela n’autorise pas pour autant à exclure de son travail la dimension fictionnelle. Dans les autoportraits, la présence constante d’un filtre entre son corps et le regard d’autrui manifeste que le sujet, qui est indubitablement Hervé, est en même temps un autre. Le mouchoir posé sur les yeux, la gaze spectaculaire tendue en moustiquaire, qui transforme un lit de hasard en décor étrange, tout cela brise les apparences de la familiarité, introduit un soupçon.

Sebla Selin OK Expérimenter la ville
En un temps où l’on ne parle que de mondialisation, il convenait de donner au panorama des métropoles méditerranéennes un contrepoint géographiquement lointain, pour vérifier si vraiment l’âge des particularismes est derrière nous. Tokyo, une capitale souvent parcourue par les photographes, se présentait comme un terrain privilégié – un Tokyo doublement lointain, puisque le regard est ici celui d’une jeune photographe turque, Sebla Selin Ok. Plutôt familière de la réflexion sur l’identité personnelle, l’artiste a abordé l’univers de la grande ville à partir d’un point de vue impressionniste. Si série se nomme Self/ Subject, c’est qu’il s’agit moins à travers elle de permettre au spectateur de se faire une idée de Tokyo (mais aussi de Nara, Kyoto, Osaka, Yokohama qui sont significativement mêlées) que de partager le regard de l’artiste qui découpe dans le réel urbain de larges tranches énigmatiques. Le résultat de l’expérience est ambigu. Certaines des lames d’observation de Sebla Selin Ok répondent aux canons du pittoresque orientaliste : on y voit des constructions traditionnelles, des exemples d’un art des jardins reconnaissable au premier regard. Mais le jeu des reflets, qui parfois complexifient l’image jusqu’à la brouiller, montre que rien ne va de soi.

Mickael SOYEZ Marseille au fil des jours
Des portraits, des nus, des paysages, des vues urbaines en couleurs ou en noir et blanc : c’est la matière même de son quotidien qui offre à Mickael Soyez le sujet de ses images. Celles-ci sont floues, décadrées, surexposées, saturées de grain. L’influence de Nan Goldin, Anders Petersen, Antoine D’Agata, JH Engström sur le travail du jeune photographe marseillais est manifeste. Mais on pourrait se choisir de plus mauvais modèles. L’intérêt du travail de Mickael Soyez tient d’une part
à sa profonde unité stylistique et d’autre part à la manière dont il interroge la notion du « sujet » dans la photographie en prêtant attention à ce qu’il a de plus ordinaire (et donc de plus ignoré) : des fauteuils de cinéma, des piles de livres, un vieux matelas contre un arbre, etc. Non seulement il s’intéresse à ce qui ne fait pas partie du lexique artistique ordinaire, mais il en témoigne d’une manière qui en modifie la signification. Mickael Soyez investit les objets et les scènes les plus banals d’une intensité et d’un potentiel imaginaire qui excèdent leur fonction ou leur sens habituel. En photographiant des rochers en noir et blanc très contrasté, il rend par exemple leur aspect intrigant, très graphique. Il attire l’attention sur des détails inattendus, qui auraient sans doute échappé au plus grand nombre. Sa démarche rejoint celle de Jason Evans qui, dans sa série New Scent, a photographié le limon formé sur une grille d’égout après un orage. Ce faisant Mickael Soyez parvient à réenchanter le monde.








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